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 En garde, moussaillon ! [Jack 8D]

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MessageSujet: En garde, moussaillon ! [Jack 8D]   Mar 13 Déc - 9:11

Pourquoi je ne trouve pas d'image avec U.K et Prussia ensembles ? T_T



Alors que la lune offrait sa pâle lueur aux âmes poétiques égarées dans le Harem, offrant l’inspiration aux amoureux les plus tendres, un étrange individu se glissait entre les colonnades. Son allure singulière rappelait néanmoins celle d’un pirate fortement éméché. Et pour cause… Car l’homme qui se faufilait entre les ombres n’était autre que le capitaine Kenneth, pirate parmi les pirates, bon vivant à ses heures perdues. Perdues, oui, c’est bien cela. Car lui qui avait abandonné ses occupations de la journée pour rejoindre le paradis qu’était le Red Garden, il s’était retrouvé bredouille après avoir longuement insisté à l’accueil. L’employée était navrée, mais elle ne pouvait rien faire pour lui. Oui, elle savait qui il était. Non, elle ne pouvait pas accéder à sa requête. Oui, celle qu’il demandait avait déjà un emploi du temps bien rempli ce soir. Mais s’il voulait, elle pouvait s’arranger pour lui trouver quelqu’un d’autre. Non ? Et bien c’était comme il voulait. Non, ce n’était pas la peine d’insis… Si elle elle pouvait ? – A ce moment-là, l’employée avait bien manqué de s’étouffer, avant de comprendre qu’il se moquait – Ah, il était un petit plaisantin… Mais elle ne pouvait plus que lui proposer d’aller se rafraîchir au café du dernier étage, la vue était magnifique là-bas. Oh, il connaissait ? Tant mieux, il ne se perdrait pas comme ça.
Non, en effet, il ne se perdrait pas… Il n’y aura que son temps, qu’il aura perdu…

Puisqu’apparemment on ne voulait plus satisfaire les clients, le pirate avait décidé de suivre les conseils de la jeune femme et d’aller se « rafraichir » au bar. Boire pour oublier… Il la connaissait par cœur, cette expression. Non pas qu’il soit le genre d’homme torturé par des passions impossibles, mais plutôt parce que le peu de fois où il avait subi une contrariété sentimentale – ce n’était pourtant qu’une fille parmi tant d’autres, mais il était plutôt têtu sur les bords – il avait toujours eu du mal à oublier l’affliction cuisante que cela lui laissait. Un peu trop sensible, lui ? Mais non voyons, il était un pirate ! Un capitaine, même ! Ah, les histoires de cœur ça le faisait bien rire ! … Mais il se retrouvait finalement là, tout seul, sans personne pour lui remonter le moral. Et dans ce genre de situation, le mieux était encore d’aller vider un verre. Ce soir-là, il avait préféré laisser libre court à l’imagination du butler. Et il peut maintenant vous assurer qu’il était inspiré, le gars ! – ce devait être la lune… Parce qu’en ressortant du café, un peu plus d’une heure après, il marchait un peu moins droit qu’avant. Non. C’étaient les couloirs qui s’étaient amusés à se tortiller pour le contrarier. Oui. Voilà. C’était ça. Parce que franchement… Lui, le capitaine Kenneth (de nom inconnu… Hem), ne plus savoir marcher doit ? Non. Impossible. Scientifiquement impossible. Il ne pouvait le concevoir. Donc c’étaient forcément les couloirs qui se moquaient de lui. C’était bien plus plausible, des couloirs vivants. Y’a bien eu les escaliers qui bougeaient dans Harry Potter ! … Non, pardon, je m’égare un peu là.

Alors le voilà, titubant quelque peu bien que son esprit lui paraisse tout à fait clair. En tout cas, suffisamment pour se rendre compte que descendre des escaliers avec les laçages à moitié défaits d’une de ses bottes pouvait devenir dangereux. Bon état d’esprit, donc. Kenneth s’agenouilla afin de remédier au problème, se penchant légèrement en avant pour mieux voir ce qu’il faisait. Grave erreur, car c’était sans compter sur son couvre-chef qui glisserait lentement de sa tête pour dévaler les escaliers dans un bruissement discret. Bon. Il était peut-être un peu moins clair d’esprit que ce qu’il voulait bien laisser croire. Peut-être, seulement. Parce que, quand même, ne pas sentir un chapeau tomber de sa tête… Par ailleurs, elles étaient bien rares, les fois où il acceptait de se séparer de son précieux chapeau, ce simple arrangement de cuir et de tissus qui faisait sa fierté. Et dans ces rares fois, les plus fréquentes étaient celles où sa belle Ange était la ravisseuse ; elle était l’une des rares employées du Red Garden à avoir le droit de lui emprunter son chapeau sans son autorisation. Pour elle, il le tolérait. C’était vous dire à quel point il y tenait, à sa coiffe ! Sans elle, il se sentait tout simplement nu, complètement dépouillé : après avoir grandi avec quelque chose sur la tête, cela devenait difficile de s’en défaire.

Mais à l’instant où je vous raconte sa pauvre petite histoire, Kenneth ne s’était pas encore aperçu de la disparition de son chapeau. Ce n’est qu’en s’asseyant sur la plus haute marche de l’escalier qui permettait d’accéder à la suite des couloirs du Harem – car Monsieur avait eu soudainement l’envie d’aller prendre un bain – qu’il porta la main à sa tête pour repositionner ce qu’il n’avait plus. Intense désarroi. Malaise sans nom. Son chapeau. Où était son chapeau ? L’homme se releva d’un bond, manquant de tomber dans les escaliers et de les dévaler comme l’avait fait son précieux bien quelques instants plus tôt. Il se rattrapa de justesse à la rampe. Mais cela n’avait plus d’importance. Avec ses sens enivrés, ses émotions étaient décuplées. Il lui fallait à tout prix retrouver son chapeau ! Mais où avait-il bien pu le laisser ? Alors que Kenneth revoyait, avec un peu de mal, toutes les scènes de la soirée qui avait précédé, son regard se posa sur l’ombre étrange au bas de l’escalier. Attendez… Ça avait tout l’air d’une forme de chapeau… Mais oui ! Il avait dû glisser au moment où il avait relacé ses bottes. Maintenant que le trésor était trouvé, il n’y avait plus qu’à aller le chercher. Mais pour cela, il fallait descendre toutes ces marches qui lui semblaient maintenant en nombre infini…
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MessageSujet: Re: En garde, moussaillon ! [Jack 8D]   Ven 30 Déc - 22:38

Hé! petite fille tu bois de l'eau et tu es saoule
Là où tu te noies tu as beau avoir pied tu coules
Au port

- Camille


    Le soir tombait sur la mer morne et tranquille, sur son navire ses hommes avaient cessé de rire. Ils frottaient, ciraient, s’agitaient dans tous les sens pour accomplir les tâches qui leur étaient incombées, et Jack les regardait faire, se délectant de ce calme qu’il leur imposait. Les mutineries, les caprices, les crises de rage, il n’en avait rien à faire. Ici, c’était lui qui commandait. Et il voulait du calme. Puis son lieutenant s’était approché, l’air fortement embarrassé, triturant nerveusement son gilet de laine complètement rapiécé. Le capitaine glissa un œil dédaigneux sur le vêtement en loques. C’était ce qu’il détestait chez ces hommes, leur manque total d’esthétisme. Ce n’était pourtant pas compliqué d’avoir des habits un minimum propres et bien taillés ! Mais non, ils préféraient garder leurs affaires pendant un centenaire et se rouler dans la boue comme des porcs entre deux beuveries. Lamentable. À bout de patience, il l’autorisa à prendre la parole.

    « Cap’taine, si j’puis me permettre... »

    « Quoi encore ? Allez, parle ! »

    Jack était connu pour ne pas être vraiment patient, rien que cette entrée en matière lui mettait les nerfs en pelote et faisait crisser ses dents. En voyant le visage de son capitaine se crisper de colère, le lieutenant annonça précipitamment :

    « Eh-eh-eh eh bien c’est que les hommes sont un peu énervés en ce moment et je pense que euuh... Enfin, j’ai pensé qu’une petite visite au hum. Au Red Garden leur changerait les idé- »

    Un violent coup de poing sur le bastingage le fit sursauter et baissa la tête en s’excusant mille fois, tremblant presque devant son capitaine qui s’approchait d’un pas lourd, son regard brûlant posé sur lui. Cependant, il releva la tête, confus de voir Jack passer à côté de lui sans s’arrêter et regarder l’équipage qui s’était arrêté de travailler d’un air supérieur. Après quelques instants, il prit la parole dans le silence total.

    « Alors comme ça, vous êtes fatigués de travailler ? Ooooh, mes pauvres, vous en avez assez de trimer toute la journée, mes braves, c’est ça hein ? Vous voulez prendre un peu de repos dans les bras chauds d’une fille de joie, vous perdre entre ses cuisses ardentes et boire du rhum qui coulerait à flot directement dans votre gosier, n’est-ce pas ? »

    Sa voix doucereuse mirent au départ ses hommes mal à l’aise, mais certains commençaient à hocher la tête, enivrés par ces mots remplis de promesses. Un sourire sadique étira les lèvres de l’homme qui surplombait son équipage. Il s’approcha vivement de la barre et éjecta le matelot qui la tenait entre ses mains, faisant virer de bord son bâtiment, obligeant ses hommes à s’accrocher à ce qu’ils pouvaient dans des hurlements de stupeur.

    « À vos postes bande de larves ! Cap sur le Paradis des Plaisirs ! »

    Des cris et sifflements de joie accueillirent cette déclaration tandis que Jack retournait dans sa cabine un sourire suffisant aux lèvres, non sans avoir botté les fesses de celui qui tenait la barre pour qu’il retourne à son occupation, et plus vite que ça !

    Lorsqu’ils arrivèrent au Red Garden, il faisait déjà nuit noire. Les hommes se précipitèrent dans les draps de leurs favorites en poussant des « à l’abordage ! » qui firent soupirer leur capitaine d’humiliation. Après avoir déposé nombre de pièces d’or et de pierres précieuses à l’entrée, Jack s’aventura dans les couloirs presque déserts du Harem. Cela ne faisait que peu de temps qu’il connaissait cet endroit et il ne pouvait s’empêcher de regarder partout, chaque gravure sur chaque mur de chaque couloir, émerveillé comme un enfant devant un nouveau monde à découvrir. Il avait toujours été comme ça, Jack. Fasciné par les trésors, l’or, les bijoux, les œuvres d’art, les paysages, les jeunes personnes richement vêtues, les mystères des quatre coins du monde... Dire qu’il avait failli rater tout cela. Sa main gantée s’arrêta brusquement alors qu’elle s’apprêtait à se poser sur un vase délicatement ouvragé et se referma dans le vide. Son regard devint aussi dur que l’acier et, pour s’empêcher de briser tout ce qui se trouvait dans un rayon de vingt mètres, Carmen attrapa vivement le flacon dans l’intérieur de sa veste, l’ouvrit et porta le goulot à ses lèvres en penchant la tête en arrière. L’eau-de-vie dégringola dans son œsophage, réchauffant son corps engourdi par le vent marin et étourdissant légèrement son esprit irrité. Elle passa son index aux coins de ses lèvres pour y recueillir les quelques gouttes de liquide qui pensaient pouvoir lui échapper. Elle sourit béatement en rangeant la précieuse fiole dans sa veste, yavait pas à dire, l’alcool ça vous transformait un homme ! Il reprit sa visite méticuleuse d’un pas légèrement plus chancelant, des étoiles dans le regard.

    Puis, au détour d’un couloir, alors qu’il s’apprêtait à monter les marches d’un escalier qui lui avait toujours paru bien moins imposant que ce qu’il voyait à présent, il fit une heureuse rencontre. Ses sourcils se surélevèrent inconsciemment tandis qu’un sourire impérieux prenait place sur son visage. Il se pencha en avant pour attraper le couvre-chef qui traînait par terre et monta les quelques marches qui le séparait de son compagnon de beuverie. Il grimaça imperceptiblement en remarquant que cette ascension lui donnait une démarche plus féminine qu’il ne l’aurait souhaité, faisant rouler ses hanches de manière à ce que sa veste puisse difficilement le cacher. Il retrouva cependant assez rapidement son assurance et son sourire reptilien s’agrandit encore lorsqu’il se trouva à quelques dizaines de centimètres du capitaine Kenneth. Il fit mine de s’éventer avec son chapeau dont la plume venait parfois chatouiller son nez et dit d’un ton railleur :

    « Hé bien, Cendrillon, on a perdu sa pantoufle de vair ? On ne m’attend plus pour enfiler les pintes, à ce que je vois ! »

    Deux éclats de rire sonores suivirent cette déclaration. Avec des gestes précautionneux, il ôta sa propre coiffe du haut de son crâne pour la remplacer par celle de son confrère. Il le nargua un instant, se demandant à voix haute s’il allait le garder ou non, puis déposa son propre chapeau sur la tête du pirate en souriant de toutes ses dents.

    « Il faudrait prendre garde à ne pas tomber sur le grand méchant loup en chemin n’est-ce pas, Capitaine ? »
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MessageSujet: Re: En garde, moussaillon ! [Jack 8D]   Ven 13 Jan - 16:47

Spoiler:
 

Il n’osait les compter. Si en réalité elles n’étaient qu’une petite dizaine, elles deviendraient centaines pour lui faire tourner la tête. Les marches de marbre le narguaient, fuyant plus bas tout en l’invitant à s’aventurer sur leur pierre polie pour aller chercher son dû. Mais c’était un piège, il le savait. Les marches n’attendaient qu’un faux pas de sa part, une inattention soudaine, pour le surprendre et lui faire regretter son audace. La valeureux capitaine au courage intrépide avait conscience de se faire battre à plate couture s’il s’aventurait plus loin. Pourtant… Pourtant, il devait absolument récupérer son chapeau. Quand bien même il devrait se rompre les os sur le sol en pierre froide – c’était peut-être un peu exagéré certes, il mettrait la main sur ce qui faisait de lui un capitaine entier. Mais c’était sans compter sur cette ombre qui se profilait en bas, s’approchant peu à peu de son couvre-chef. Si jamais il osait poser sa… Il osait ! Quel culot ! Comment cet inconnu dont il n’arrivait pas à deviner le visage dans la nuit pouvait-il se permettre d’attraper ce qui lui appartenait ? Ah, mais il était encore trop loin pour que Kenneth puisse lui infliger une correction digne de ce nom. Les rafraîchissements qu’il avait pris au bar lui avivaient l’esprit, du moins le pensait-il, cependant il ne se sentait pas encore prêt pour descendre ces quelques marches.

Bien heureusement, personne de son équipage n’était là pour assister à cette scène qui, du point de vue du spectateur, pouvait paraître étrangement burlesque. Si seulement il s’était montré un peu moins borné, tout à l’heure, il ne serait sûrement pas là, assis par terre, à attendre que son trésor vole jusqu’à lui. Non, il serait plus probablement allongé dans des draps de satin avec dans les bras une de ces demoiselles dont la peau est aussi douce que le chant des sirènes. Il était trop tard, maintenant, pour se repentir. Son orgueil pouvait parfois le mener à se retrouver dans des situations qui ne flattaient pas sa personne. Tout ça pour montrer qu’en tant que client, il avait le droit d’exiger la femme avec laquelle il voulait partager sa nuit et qu’aucune autre ne pourrait le satisfaire… Vraiment, il était un peu trop têtu. Et le voilà maintenant, qui guettait cette silhouette fine en bas de l’escalier. C’était certain, il était loin d’être au plus haut de sa magnificence.

L’inconnu montait. Quelque chose dérangeait le capitaine dans l’allure de cette personne. Maintenant que sa silhouette se découpait un peu mieux avec la lueur de la lune ronde, il pouvait remarquer qu’il n’était pas le seul à posséder un chapeau digne de ce nom en ces lieux. Sauf qu’il ne se souvenait pas connaître un pirate ayant une démarche si chaloupée. A moins que… Si, peut-être… Un souvenir lui revenait ; chose remarquable étant donné ses capacités actuelles de réflexion. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, il se rappelait d’une escale dans un port bien connu des pirates.

Il avait décidé de s’arrêter dans ce port le temps de refaire les réserves de son bateau. Profitant du moment pour aller se désaltérer dans une taverne, il avait alors fait la connaissance d’un de ses semblables dans des conditions particulières. Oh, bien sûr, une bagarre nocturne dans ce genre d’établissement n’était pas quelque chose de rare, au contraire, mais en général les adversaires se retrouvaient en effectifs plus ou moins équitables. Cette fois-ci sortait de l’ordinaire. Lorsqu’il raconta cette histoire à d’autres compagnons, Kenneth expliqua en toute bonne fois qu’il se trouvait alors assis tranquillement à une table. Il voulait attraper sa chope quand celle-ci s’envola après qu’un homme soit atterri lourdement sur sa table. A quelque pas de lui, le capitaine découvrit un pirate aux prises d’autres hommes de gabarit bien plus imposant. N’écoutant que sa bravoure et son esprit chevaleresque, il bondit dans la cohue pour croiser le fer – ou plutôt les poings – aux côtés de son confrère qui se serait retrouvé seul contre une dizaine d’individus. Grâce à l’intervention de Kenneth, donc, ils s’en étaient tous deux sortis, bien que pas forcément indemnes. Toujours est-il que les deux hommes finirent par échanger de bonnes adresses dans tel ou tel port, et se retrouvèrent de temps en temps par le plus grand des hasards.
Cela faisait très longtemps que le pirate n’avait pas croisé le capitaine Jack. Il avait presque oublié sa petite taille et son visage androgyne.

Son confrère s’arrêta à quelques centimètres de lui, le narguant en s’éventant avec son chapeau. Apparemment, l’état de Kenneth était visible. Bah, il n’avait aucune honte et ne voyait pas la nécessité de s’en cacher. Il pouvait bien se saouler s’il voulait, non ? Ne faisant aucun geste pour récupérer sa coiffe, il laissa le pirate continuer, sachant qu’il n’aurait bientôt plus froid à la tête. Et lorsqu’un couvre-chef qui n’était pas le sien vint se poser comme par magie sur ses cheveux, il jugea qu’il était temps de se relever. Dominant son compagnon de beuverie en taille, il s’esclaffa à son tour, bien qu’ignorant pourquoi. Mais ça, il était le seul à le savoir.

    « Eh bien eh bien, je préfèrerais en effet plutôt tomber sur le Petit Chaperon Rouge, vois-tu. Il m’aurait tenu compagnie, lui. »

Décidemment, il n’était jamais suffisamment alcoolisé pour cesser ses sous-entendus aussi clairs que de l’eau de roche. A moins que ce ne soient justement les quelques verres qu’il avait pu ingurgiter plus tôt dans la soirée qui déliaient sa langue d’habitude plus romanesque. La capitaine rajusta son chapeau, puis sa veste. Enfin, sa main droite s’abattit avec le moins de délicatesse possible sur l’épaule de Jack et il s’adressa de nouveau à lui avec son plus grand sourire.

    « Cependant, si tu tiens réellement à trinquer avec moi, c’est avec plaisir que j’accepte ton invitation ! »

Sa propre voix se faisant de plus en plus forte au fur et à mesure qu’il devenait de plus en plus enjoué, il porta sa main libre à sa tempe, espérant faire passer les battements sourds qui lui réduisaient le cerveau en bouillie grâce à quelque massage énergique.

    « Enfin… Si tu veux bien, avant, j’aurais aimé me rafraîchir la tête sous l’eau… »

Ce n’était pas qu’il avait un peu mal à la tête, c’était qu’à présent il avait l’impression d’être serré dans un étau qui la lui compressait de plus en plus. Finalement, il aurait peut-être dû chercher un endroit tranquille, où il aurait été certain de ne croiser personne, histoire de ne pas entendre les tambours qui battaient dans ses oreilles à cause d’une simple conversation. Mais pour rien au monde il ne voudrait rater l’occasion de se faire remercier par la personne à qui il avait sauvé la vie ! Même si cette dernière continuait de soutenir le contraire…
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MessageSujet: Re: En garde, moussaillon ! [Jack 8D]   Dim 18 Mar - 18:08

Darling, darling, doesn't have a problem
Lying to herself cause her liquour's top shelf

-Carmen


    Le rire du capitaine Kenneth résonna dans le couloir. Jack pensa un instant qu’il se moquait de sa taille mais il s’avera qu’il n’en était rien. Encore heureux, sinon il aurait tâté de son sabre, foi de pirate !

    « Eh bien eh bien, je préfèrerais en effet plutôt tomber sur le Petit Chaperon Rouge, vois-tu. Il m’aurait tenu compagnie, lui. »

    Une femme l’aurait traité de mufle. Une femme l’aurait giflé et serait partie comme une furie, outrée d’un comportement aussi peu respectueux. Mais Jack n’était pas une femme. Alors Jack se mit à rire aussi, un rire franc qui rejoignit son prédécesseur contre les murs de marbre du couloir vide. Il lui donna une tape virile dans le dos amusé par cette allusion, sans même sentir la pointe d’amertume dans sa voix. Ce n’était pas le Petit Chaperon Rouge qu’il aurait voulu voir. Et certainement pas Jack non plus.

    « Cependant, si tu tiens réellement à trinquer avec moi, c’est avec plaisir que j’accepte ton invitation ! »

    Un immense sourire étira ses lèvres. Au fond, les pirates étaient tous les mêmes. Dans leur vie régnaient la mer, les filles et l’alcool. Ils ne pouvaient rien faire contre, c’était dans leur sang. Jack sentait déjà le rhum couler dans sa gorge, réchauffant son corps ne pouvant l’être autrement. Les filles. Quelle blague.

    « Haha ! Je savais que tu ne résisterai pas à la tentation ! »

    Elle souriait toujours, Carmen, mais dans sa tête ça tournait à vive allure. Non, elle ne devait pas penser pas à ça. Mais elle n’y arrivait pas. Elle aurait tant voulu être comme les autres hommes, pouvoir tenir entre ses mains ces trésors de beauté et de luxure. Elle avait toujours adulé la beauté, Carmen. De longs cheveux, ondulés comme les vagues qui apparaissaient quand le navire s’approchait des côtes, des yeux si sombres qu’on payerait pour se perdre dedans, des lèvres rouges et parfaitement ourlées... La seule fois où on avait voulu la rendre plus féminine, la coiffer, la maquiller, elle avait tout balancé par la fenêtre et avait sauté dans la mer. Elle avait peur au fond, Carmen. De se voir belle, de se voir femme. Ce n’était pas elle dans le miroir.

    « Enfin… Si tu veux bien, avant, j’aurais aimé me rafraîchir la tête sous l’eau… »

    Sourire, toujours sourire. Ne surtout pas montrer qu’on commence à se fragiliser, que la partie femme, la partie doute, reprend le dessus. Elle éclata de rire une nouvelle fois, ce qui ne devait certainement pas arranger le mal de crâne de son compagnon de piraterie.

    « Bien sûr, tu m’as l’air bien imbibé camarade ! »

    Dans l’alcool, Carmen oubliait qu’une femme ne doit pas boire. Elle oubliait qu’une femme ne doit pas se battre. Elle oubliait sa condition d’être faible. Les hommes n’étaient pas faibles, c’est pourquoi elle ne proposa pas son aide à Kenneth lorsqu’ils se dirigèrent vers les bains. Elle décrocha le flacon qui pendait à l’intérieur de sa veste pour boire de nouveau, histoire de se donner du courage. Homme ou femme, telle est la question...
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MessageSujet: Re: En garde, moussaillon ! [Jack 8D]   Sam 24 Mar - 8:51

Encore fallait-il trouver la bonne manière pour le convaincre de le remercier. Pour cela, il avait besoin d’avoir les idées claires. Le problème étant que cela lui serait impossible dans les prochaines heures à venir, il voulait tout de même faire passer cet horrible mal de crâne afin de profiter au mieux des prochains verres qu’il viderait tour à tour. Sa logique de pirate était implacable là-dessus. Tu as mal à la tête parce que t’as trop bu ? Alors continue à boire pour ne plus t’en rendre compte.

    « Bien sûr, tu m’as l’air bien imbibé camarade ! »

Une éponge.
Il était une éponge.
Il suffisait de le passer sous l’eau –de le presser un peu – pour le laver de toute impureté. Mais quelle impureté ? L’alcool était connu pour désinfecter les plaies, non ? Alors ça devait fonctionner pour les plaies internes, ou les peines de cœur. Ah, pauvre enfant, il suffisait d’un refus à une de ses requêtes pour le mettre dans tous ses états. Bah, au moins il avait trouvé une autre occupation ; et puis il ne finirait pas la soirée seul, malgré le fait qu’il eut envisagé cette possibilité au début de la nuit.

Les premières marches furent les plus dures. Il s’agissait de n’en louper aucune pour éviter de dévaler les escaliers autrement que debout. Il aurait pu. S’il n’y avait pas eu Jack. Ah ! Il ne fallait pas croire qu’il se laisserait impressionner par la démarche assurée d’un homme sobre ! Et puis de toute manière, Jack, il marchait bizarrement. Alors il ne pouvait rien lui reprocher. Voilà. Bon, une fois les premières marches passées sans encombre, sinon l’étrange mal de terre qui le saisissait aux tripes, le capitaine s’occupa des suivantes avec plus de maîtrise. Puis l’escalier prit fin. Enfin, ils étaient dans le bon couloir. Les bains géants les attendaient.

Ce n’était pas la première fois que Kenneth entrait dans des bains turcs, grandes pièces emplies d’une vapeur presque suffocante, des notes parfumées s’élevant pour donner une atmosphère particulière à l’endroit. Se « rafraichir la tête » n’était peut-être pas le bon terme quand on projetait d’entrer dans ces bains chauds – bien que certains soient froids, mais il n’avait jamais trop aimé ceux-là. Néanmoins, c’était une manière comme une autre de se mouiller. C’était tout ce dont avait besoin notre homme à cet instant précis. Alors il se dirigea sans hésiter vers les vestiaires, sans même attendre son camarade, pour y attraper une serviette et aller se mettre en tenue d’Adam, la serviette autour des hanches. Les hanches. Ah, comme il aimait celles des femmes… Ces courbes gracieuses dont la seule vue suffisait à tirer un sourire au pirate. Et dans les bains, il pourrait en profiter à foison.

La porte de sa cabine s’ouvrit d’un seul coup, laissant apparaître le capitaine qui arborait un air de triomphe, allez savoir pourquoi. Un sourire déterminé éclairait son visage, il était déterminé à profiter du mieux possible du reste de la nuit. En passant devant la cabine de Jack, il tapa un coup dessus avant de lancer :

    « Alors, tu viens ? Ou serait-ce que tu n’oses pas sortir ? »

Et de nouveau son rire franc. Oh, il ne pensait pas à mal.

    « Bon, en tout cas, je t’attends dans les bains. »

Et il sortit sans même écouter si le pirate lui répondait. Effectivement, il aurait pu passer pour un mufle. Auprès d’une femme. C’est pourquoi il ne s’en inquiétait pas vis-à-vis de Jack.

Une fois dans la grande salle où étaient creusés des bassins bien trop grands, le capitaine s’arrêta un instant pour observer les mosaïques qui ornaient les murs. Il appréciait ce genre de décoration, bien que ce ne soit pas le genre qu’il puisse vouloir installer dans son navire. Tout de même. Puis, après sa petite observation de la décoration, il se dirigea vers l’eau et se glissa dedans après avoir ôté sa serviette.
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MessageSujet: Re: En garde, moussaillon ! [Jack 8D]   

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En garde, moussaillon ! [Jack 8D]

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